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Je venais de me faire plaquer par l’homme que j’aimais lorsque je l’ai rencontrée.

Je n’avais jamais été douée pour les histoires d’amour.

La tristesse m’accablait. J’acceptais difficilement ce qui s’était passé.

Alors je traînais. Sur Internet principalement. Mon monde, mes amis, se résumaient à ça : Internet. Un monde virtuel, inexistant. Toutes les rencontres que j’avais faites ces derniers temps étaient éphémères. Ephémères parce que virtuelles. Peut-être, pensais-je, que j’en souffrirais moins si je restais maître de ces rencontres qui n’en n’étaient pas tout à fait, en fait… il est doux, parfois, de se bercer d’illusions.

J’errai donc de blogs en blogs pour passer le temps et noyer ma peine par la même occasion d’une autre manière que par les larmes. Je cliquais, je cliquais, et de blogs en blogs j’atterris sur celui de Perséphone.

Un peu sombre, il était question de douleurs, d’acceptation, de soumission, et parmi tout ça, malgré tout, transperçait l’amour. L’amour dans le don de soi, dans l’humiliation, dans la condition. Une condition de soumise qui non seulement y trouvait l’épanouissement mais aussi l’amour. L’amour dans la douleur. Voilà qui me plaisait.

L’amour, j’en revenais, la douleur, je connaissais. De plusieurs manières. Celles que j’avais subies et celles que je voulais accepter, que j’avais acceptées avec cet homme qui venait de me laisser tomber.

J’avais un gouffre à la place du cœur.

Je commençais à lire les billets postés directement de l’enfer et je découvris, au fil de mes lectures, une femme assez exceptionnelle. Je ressentais ses fêlures comme ses coups de cœur et le tout me laissait une impression assez étrange mais familière. Plus j’étais attirée par son monde, plus je l’enviais. Elle avait l’air d’avoir trouvé une sorte d’équilibre. Mais fragile, elle l’était.

Je laissais par ci, par là, des commentaires, je libérais mes douleurs de cette manière.

Je crois avoir lu tout ce qu’elle a posté.

Je me disais qu’il me serait impossible de devenir un jour amie avec elle.

Je n’avais pas besoin de sa compagnie mais elle me touchait. Pourtant, elle était éphémère puisque virtuelle. J’étais passée par chez elle, j’avais laissé mon empreinte mais elle était bien au-dessus de moi : je me sentais petite à côté d’elle.

Et puis, surprise : elle me demanda en contact sur MSN. Bien sûr, j’acceptais ! J’étais aux anges : enfin quelqu’un qui s’intéressait à moi, de quelque manière que ce soit. C’est elle qui avait fait la démarche. Jamais je n’aurais osé, de peur de déranger.

Nous discutâmes alors un peu chaque jour, jusqu’à nouer un semblant de lien. Nous avions, plus ou moins les mêmes douleurs, les mêmes blessures à l’âme, la même vision des choses. Mais je revenais de loin et je la considérais un peu comme un mentor. Je gardais pourtant en tête le fait qu’elle pouvait très bien décider de disparaître du jour au lendemain. Le net est éphémère…

Un jour, peu de temps après notre rencontre virtuelle, nous nous sommes téléphoné. J’étais extrêmement intimidée parce que j’ai toujours eu plus de facilité à l’écrit qu’à l’oral. Je craignais de passer pour une idiote, incapable que j’étais d’aligner deux mots ayant du sens. Du moins était-ce mon impression.

Mots après mots, nous décidions de passer ensemble le réveillon du 1er de l’an. Elle ne faisait rien, moi non plus. C’est ok, j’irai donc chez elle.

Lorsque j’arrivais, je me sentais gauche en toute chose. Je me demandais comment cette femme avait pu me trouver suffisamment intéressante pour m’accueillir dans son foyer quelques jours. Je tentais de faire bonne figure, de donner l’illusion de quelqu’un qui avait confiance en elle et qui savait très bien ce qu’elle faisait. J’en étais loin mais mes efforts ont dû faire illusion. Je ne sais toujours pas aujourd’hui ce qu’elle a bien pu penser.

Au bout de deux jours, je m’y trouvais bien. Enfin… presque. Je ne me sentais ni jugée, ni rejetée, et c’est tout ce dont j’avais besoin. Il faisait bon, aux enfers…

Le jour du réveillon, nous étions trois. Je connaissais virtuellement la troisième personne qui se trouvait là et le fait de la voir réellement me fit rêver. Peut-être qu’il me serait  possible de réaliser mes rêves finalement… tout semblait être possible.

Nous voilà tous trois partis à discuter, à boire, à danser… ces quelques jours resteront gravés dans ma mémoire.

Le lendemain soir, nous nous retrouvâmes seules toutes les deux. Des goûts communs nous rapprochâmes encore un peu plus, des coupes de champagne firent le reste et c’est dans son lit que je finis ma nuit.

Aujourd’hui, je suis heureuse de compter Perséphone, Reine des enfers, parmi les êtres qui me sont chers. Elle est plus qu’amie, elle est… une partie de ma vie, un bout de moi, un être qui me ressemble avec une sensibilité qui ne pouvait me laisser indifférente.

Merci…