Ce soir quand je suis rentrée, je suis retournée au fond de ma solitude,

Je l’avais laissée tomber pour la journée, je l’ai retrouvée, elle m’attendait,

Sagement, sans bouger, je n’ai pas pu l’éviter, elle ne m’a pas manquée,

Quelque chose  a changé, ce n’est plus comme avant, j’ai grandi apparemment,

Pas assez pour m’en débarrasser, j’aimerais la tuer, l’égorger là, sur le palier,

La voir se vider de son sang, ne pas bouger tandis qu’elle hurle en dedans,

J’ai fini par rentrer dans mon appartement, j’ai fait couler un bain, elle était là,

Elle m’attendait, encore, dans les bulles de savons qui m’entourent maintenant,

Je vais devoir faire avec et traîner des humeurs pas vraiment gaies, c’est navrant,

Je m’isole, je disparais, je glisse contre la paroi, dans l’eau je suis hermétique,

Mes mains flottent à la surface, sans vie pourquoi pas, ça ne doit pas être douloureux,

Je me noie dans mes tourments, ils m’étouffent, me mentent et je laisse faire,

En espérant renaître à la surface de ma vie et découvrir qu’enfin elle s’est tue…

 

  Solitude_dun_soir